Comment introduire le digital dans le résidentiel

Lorsque l’on passe en revue les avancées technologiques dans l’immobilier selon la nature des actifs, les secteurs comme l’industrie, l’hôtellerie ou l’immobilier premium sont généralement les plus en pointe sur l’optimisation des équipements, leurs disponibilités et la qualité de services rendus.

Comment introduire le digital dans le résidentiel

Lorsque l’on passe en revue les avancées technologiques dans l’immobilier selon la nature des actifs, les secteurs comme l’industrie, l’hôtellerie ou l’immobilier premium sont généralement les plus en pointe sur l’optimisation des équipements, leurs disponibilités et la qualité de services rendus.

Une des raison à cela est la criticité des services (sur une chaîne de montage ou un hôtel 5 étoiles) qui requiert une gestion parfaite des services et des installations.

Si l’on compare d’une part, le logement social et d’autre part, le résidentiel classique et les copropriétés, le marché des bailleurs sociaux est nettement plus avancé pour le suivi du patrimoine. La gestion en masse et la capacité d’avoir un décideur unique facilite le déploiement de nouvelles solutions, notamment du numérique à grande échelle.

A l’opposé, on trouve des copropriétés qui seront comme les oubliés de la digitalisation immobilière. Les processus et régulations imposés aux conseils syndicaux n’aident pas à prendre des décisions rapides. Les textes de lois donnent comme devoir aux syndics “de pourvoir à sa conservation, à sa garde et à son entretien et, en cas d'urgence, de faire procéder de sa propre initiative à l'exécution de tous travaux nécessaires à la sauvegarde de celui-ci”. Dans ce contexte, on comprend que l’amélioration d’un bien résidentiel (digitalisation, objets connectés,etc) ne sera pas la priorité d’un syndic puisque celui-ci est responsable de sa sauvegarde et qu’aucune règle n’incite à la digitalisation pour l’amélioration de l’expérience d’habitat ou pour la valorisation patrimoniale.

Que faire dans ce cas pour améliorer concrètement la gestion de copropriété, fiabiliser la gestion technique et réduire les charges ?

L’introduction d’un système collaboratif de gestion est un premier pas qui permet d’empiler une série d’améliorations techniques et de nouveaux services.

L’exemple de la plateforme collaborative Urbest :

A partir du site web ou de l’application mobile, Urbest permet de collecter des besoins ponctuels ou réguliers pour formaliser ces interventions et en assurer le suivi avec des prestataires réguliers. La plateforme permet de gérer les devis, la progression d’une intervention et de conserver des archives numériques a posteriori. Il n'est pas rare que des immeubles n’aient plus de plans ou ne savent pas quand les dernières maintenances de canalisations ont été faites. Le suivi digital vise à combler ces manques d’informations afin d’être serein pour traiter la maintenance future.

Pas à pas, cette mise au digital permet de structurer l’information et emmène les copropriétaires vers la fiabilité et la traçabilité. Généralement, l’application est supervisée par le conseil syndical et le syndic pour suivre l’ensemble des interventions et services. Certains syndic peuvent fournir une traçabilité partielle des interventions mais il est préférable d’avoir une application indépendante pour ne pas être tributaire d’un syndic ou d’un autre.

Cette digitalisation des services à de nombreux avantages, tant pour le gestionnaire, le propriétaire que pour l’habitant. Tout d’abord, le fait de lister et d’avoir une visibilité sur la charge de travail d’un immeuble est un premier pas pour gérer méthodiquement ce qui doit être fait. Les données factuelles évitent les ambiguïtés entre copropriétaires qui sont source de conflits.

Deuxièmement, une collaboration plus fluide avec les prestataires d’un immeuble permet de s’assurer de la qualité du travail fait et de sa fréquence régulière. En l’absence d’interventions régulières, le risque est de repousser une montagne de travaux et l’ardoise qui va avec.

Troisièmement, les tâches collaboratives permettent de renforcer les services entre ceux qui en ont besoin (les habitants résidents) et ceux qui peuvent les résoudre (intervenants/prestataires). Contrairement à des réseaux sociaux de quartier qui permettent de se partager un appareil à raclette, le suivi collaboratif sera moins festif mais aura le mérite de faire avancer des tâches dans l’intérêt de l’immeuble, de ses résidents et des propriétaires.

Enfin, les objets connectés qui arrivent sur les nouveaux projets ou les rénovations sont générateurs d’interventions. Sous forme d’alerte ou de suggestions, ils peuvent envoyer des signaux pour demander des contrôles.

A quel moment se lancer dans un suivi collaboratif digitalisé?

Potentiellement à tout moment et de préférence quand les évènements sont calmes pour ne pas être dans l’urgence.

Les projets à venir de rénovation sont une bonne occasion de structurer des échanges ou lors de la renégociation de contrat avec un chauffagiste pour fixer le mode collaboratif à venir.

Au final, une assemblée de copropriétaires gagnera à passer au collaboratif pour réduire à court terme les charges et assainir les relations internes avec des échanges d’informations factuelles. A moyen terme, la visibilité des coûts futurs rassurera les potentiels acheteurs à la revente vis-à-vis des charges à venir.
Hugo GERVAIS