Urbest s’est entretenu avec le docteur Etienne de Vanssay, directeur général de Rincent Air.

URBEST : Depuis quand la qualité de l'air est devenue un sujet d'actualité ?

Déjà sous Napoléon, les odeurs étaient un sujet qui a décliné avec l’air industrielle. Aux USA dans les années 1970 et le Clean Air Act, il y a eu une grosse prise de conscience de la population qui a poussé le gouvernement à prendre les choses en main. Les Etats-Unis ont vraiment porté le mouvement avant un retournement de situation qui a conduit à ce que nous connaissons aujourd’hui. Il y a eu l’épisode du Smog de Londres dans les années 1950 qui a généré des dizaines de mort.

En France, l’histoire de l’Air récente est portée par la loi LAURE de 1996 mais le réel élan est venue en 2013-2014 par l’arrivée de la Chine dans les accords climatiques, poussée par la rue qui ne respirait plus. Ce tournant a été porté par les médias qui se saisissent de plus en plus de ce sujet.

Par contre, la réglementation étant extrêmement légère et peu contraignante, les gestionnaires sont en majorité peu sensible à ce sujet.

URBEST : Quels sont les plus gros problèmes rencontrés ?

Sanitaire et économique

L’enjeu sanitaire de la pollution est prépondérant. L’enjeu économique est double. Outre les couts directes et indirectes de la pollution, son caractère « non commerciale » ne lui donne pas de facto de valeur économique et donc de modèle économique. Cette lacune économique est désastreuse car les solutions d’amélioration passeront forcément, dans nos référentiels, par un développement économique de la filière.

En revanche, il commence à apparaitre des enjeux économiques connexe comme l'attractivité territoriale (tourisme) voire urbain (valorisation urbaine). Nous pourrions par exemple travailler sur un indice de valorisation des biens immobiliers en fonction de leur localisation urbaine… Une vieille idée …

Un autre enjeu économique qui émerge relève des assurances qui commencent à réaliser qu’il y aura dans les années à venir de plus en plus de contentieux sur la qualité de l’air des bâtiments nouveaux en lien avec la réglementation thermique qui ne prend pas encore compte la qualité de l’air intérieur.

URBEST : Il faut faire de l'accompagnement humain ?

Enormément. Il faut former et qualifier les offres de bien, de service et de procédé. Il faut aussi former les donneurs d’ordre qui peu au fait de la problématique favorise trop souvent le moins disant, ou se fera « embobiner » par des non sachant et qui n’apporteront pas de réponse à sa problématique…

URBEST : La qualité de l'air est relative et il faut la replacer dans un contexte et un historique ?

Je ne suis pas sûr que l’on puisse se positionner sur cette question… Ce qui est certain c’est que la pollution n’est pas celle d’aujourd’hui qui diffère forcément de ce qu’elle sera demain. D’autre part, Elle n’est pas pire ou meilleure en intérieure ou en extérieur, elle est fondamentalement différente à la fois dans sa composition et dans son impact.

URBEST : Quelles sont les tendances à venir ?

Les jeunes sont de plus en plus concernés par le sujet mais peu formés à sa réalité.

Des tendances en termes de « smart city » semblent apparaitre mais sans modèle économique viable.

Une volonté de mettre en place des référentiels d’ingénierie, de qualification d’épurateur, de microcapteur, etc. émergent, porté par FIMEA et des acteurs publiques multiples.

URBEST : merci pour ces informations enrichissantes, nos lecteurs peuvent vous retrouver sur votre site et pour mettre vos projets en action avec Urbest c'est ici.